B.E.V, programme d'intégration

Chapitre 1

 

Plus que 8 jours avant la sortie de mon premier livre. Une Novella Polar/Fantasy avec une lieutenante badass, deux vampires et dix-huit victimes. Du coup, je me suis dit, et si je vous proposais le premier chapitre ? Histoire de vous donner envie de l’acheter.

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Un début prometteur

Le décor défilait à grande vitesse par la vitre de la vieille Golf. Les arbres, de plus en plus rapprochés, laissaient apparaître un début de forêt. Sur le siège passager, Zane soupira en contemplant les feuillages verdoyants de la fin du printemps.

— Je n’arrive pas à croire que l’on fasse ça… murmura-t-il.

La tête collée contre la portière, il baissa le regard vers le badge de fortune que le chef du B.E.V leur avait remis à peine une demi-heure plus tôt. Le papier froissé et mal découpé avait été plastifié. En gros caractères, on pouvait lire : Zane Fahey, consultant pour le Bureau des Enquêtes Vampiriques de Bordeaux. Une photo d’identité le complétait, mais ne parvenait pas à lui conférer une apparence plus professionnelle. Connor, concentré sur la route, laissa poindre un sourire ravi.

— Enlève ce sourire de ton visage ! Ce n’est pas un jeu, s’agaça Zane en braquant à nouveau son regard sur le paysage.

— Ça va, détends-toi Zane, rassura Connor, d’une voix amusée. On a déjà fait ce genre de chose.     

Zane tourna la tête vers son ami en montrant les dents. Les deux canines particulièrement longues brillèrent un instant au soleil.

— Informateurs ! On était occasionnellement informateurs. Pas consultants ! Ce n’est pas du tout la même chose !

Le regard rivé sur le bord gauche de la route où les voitures de police s’agglutinaient, Connor ne répondit pas. Malgré l’heure matinale, quelques promeneurs ou randonneurs observaient, depuis l’autre côté, des rubans tendus entre quelques arbres, qui indiquaient la scène de crime. Connor se gara sur un bord de route inoccupé et sortit de la voiture, l’air pressé.

— Tu es un grand malade, lui assura Zane en secouant la tête, d’un air dépité. Tu sais que quelqu’un est mort, n’est-ce pas ?

Connor s’arrêta. Toute trace de sourire disparut, il se tourna vers son ami.

— Bien sûr, que je le sais, dit-il, l’air grave. Mais tu sais ce que représente cette opportunité, pour moi. Être enquêteur de police a toujours été un rêve inatteignable pour des gens comme nous. Aujourd’hui, même si nous ne sommes que consultants, je me sens à deux doigts de le réaliser.

Zane soupira.

— D’accord, mais ne t’attends pas à être bien traité par qui que ce soit ici, le prévint-il en lui donnant une tape amicale sur l’épaule. Ce n’est pas parce que ce programme d’intégration est mis en place que tout le monde est pour.

Connor hocha la tête, signifiant à son ami qu’il n’ignorait rien des discriminations auxquelles ils risquaient de se heurter, puis se dirigea vers la scène de crime d’un pas rapide. Les deux hommes arrivèrent devant l’une des bandes jaunes qui fermaient le chemin de randonnée. Des promeneurs jetaient des regards mi-inquiets mi-curieux vers les policiers qui prenaient des photos des lieux. Alors que Zane et Connor s’apprêtaient à passer en dessous du ruban, les deux hommes se firent arrêter d’un bras par une armoire à glace en uniforme qui les toisa d’un regard haineux.

— Scène de crime, vous ne pouvez pas passer, leur dit le géant d’un ton abrupt, le regard fixé sur leur médaille d’identification – une pièce de métal gravée de la lettre V sur une face, et de leur nom sur l’autre – suspendue à leur cou.

Connor sortit son badge de sa poche, manquant de le faire tomber dans la précipitation.

— Nous sommes consultants pour le B.E.V de Bordeaux, expliqua-t-il en lui présentant l’insigne grossièrement découpé.

— Rien à carrer, leur répondit l’homme sans même jeter un coup d’œil au badge. Je ne veux pas voir des gars de votre espèce traîner par ici.

Le visage de Connor se décomposa instantanément. Zane tira son ami en arrière et se pencha à son oreille sans quitter des yeux le policier.

— Je t’avais prévenu, lui chuchota-t-il d’une voix lasse.

— Je sais… Je ne m’attendais seulement pas à ce que ce soit aussi tôt, avoua Connor en baissant la tête.

— Lieutenant ! retentit une voix non loin d’eux.

Les deux vampires tournèrent la tête vers la voix. Un homme agitait la main en direction d’une femme de probablement moins de trente ans qui passait la bande jaune quelques mètres plus loin. Connor la dévisagea tandis qu’elle rejoignait l’homme qui l’avait appelée, et resta hésitant quelques instants avant de prendre son courage à deux mains.

— Lieutenant ! appela-t-il à son tour, sous les regards surpris de Zane et du policier, qui leur bloquait toujours le passage.

La femme se retourna et les dévisagea quelques secondes. Elle se tourna vers l’homme à ses côtés et lui adressa quelques mots avant de venir à leur rencontre. Son regard révélait une certaine méfiance à leur égard, et ils surent qu’elle n’ignorait pas ce qu’ils étaient. Un frisson d‘inquiétude parcourut Connor lorsqu’elle arriva à leur niveau.

— Oui ? Que désirez-vous ? demanda-t-elle d’une voix claire.

— Je… Vous êtes bien le Lieutenant chef Alisa Collet ? demanda Connor avec autant d’assurance que possible.

— Oui, et vous êtes ? questionna-t-elle.

— Je suis Connor O’Dea, et voici Zane Fahey, nous sommes vos nouveaux consultants.

Alisa les détailla l’espace d’un instant, et les deux hommes retinrent leur souffle, déjà prêts à se faire jeter. Contre toute attente, elle souleva la bande et les invita à la suivre sous le regard médusé du policier. Elle ne leur adressa pas un mot et se dirigea vers la victime. Étendue dans l’herbe, juste à l’orée de la forêt, une jeune femme portait sur sa gorge découverte des marques de canines bien visibles. Connor et Zane suivirent de près la lieutenante, comme pour indiquer à quiconque en douterait qu’ils avaient leur place sur les lieux. Alisa se dirigea vers une femme d’âge mûr penchée sur le corps.

— Alors ? Quelques premières idées ? demanda-t-elle.

La femme leva la tête et la secoua en signe de négation.

— À part que la victime est décédée et que le coupable est un vampire ? Non, pas grand-chose, répondit-elle, sarcastique.

Son regard dévia vers Connor et Zane, et elle laissa échapper une grimace.

— Je ne savais pas que l’on faisait venir les coupables sur les scènes de crime, murmura-t-elle, amère.

Alisa se tourna vers les deux hommes dont les mines s’étaient rembrunies suite à la remarque.

— Marie, je te présente Messieurs O’Dea et Fahey, nos nouveaux consultants du programme d’intégration, expliqua-t-elle. Messieurs, Marie Dubois, notre légiste.

Marie fronça les sourcils.

— Ce fichu programme… souffla-t-elle, agacée.

La lieutenante poussa un bref soupir avant de s’adresser à eux.

— Cherchez aux alentours si vous voyez quelques éléments comme des traces de sang, des morceaux de vêtements, des cheveux ou quoi que ce soit d’autre qui aurait pu échapper à une vision humaine, ordonna-t-elle.

Connor et Zane acquiescèrent silencieusement, puis s’éloignèrent de la lieutenante et surtout de la légiste, qui les fusillait du regard. Les deux vampires n’étaient finalement pas mécontents de mettre de la distance entre eux et le cadavre dont l’odeur commençait sérieusement à leur donner la nausée.

— Allez, murmura Connor, le cœur au bord des lèvres. On fait ce pour quoi on est là !

Serrant les dents, Zane acquiesça. Les deux amis, tendus comme jamais ils ne l’avaient été, se mirent à inspecter la scène de crime à la recherche d’éléments. Veillant à ne pas écraser les preuves déjà indiquées par les balises jaunes, ils se frayèrent un chemin parmi les nombreux policiers travaillant sur les lieux. Après quelques minutes de recherches minutieuses, Connor aperçut, à quelques mètres de lui, un minuscule éclat rouge dans un fourré bordant les premiers arbres de la forêt. Il s’approcha, suivi de Zane, et découvrit une goutte de sang dissimulée par les feuilles et l’herbe. Maintenant plus proches du bois, un étrange sentiment s’empara des deux hommes. Plusieurs minutes furent nécessaires pour que Zane mette le doigt sur le problème.

— L’odeur, chuchota-t-il à l’attention de Connor.

Son ami hocha la tête, mais n’eut pas le temps de confirmer de vive voix. Un policier en uniforme, l’air furieux, s’approchait d’eux.

— Vous faites quoi ? questionna-t-il agressivement.

Voyant que les deux hommes, accroupis près d’un buisson, observaient quelque chose, il pencha la tête et aperçut alors la minuscule goutte de sang.

— Lieutenant chef, appela-t-il d’une voix rocailleuse accompagnée d’une forte odeur de tabac.

La lieutenante, toujours avec la légiste, leur jeta un coup d’œil avant de se diriger vers eux.

— J’ai trouvé du sang, s’exclama l’agent, lorsqu’elle arriva à leur niveau.

Connor ouvrit la bouche, prêt à protester, mais se ravisa quand Zane secoua la tête. Il lança un regard interrogateur à son ami, qui lui répondit d’un haussement d’épaules. Alisa s’agenouilla pour observer la tache d’hémoglobine, puis fronça les sourcils en direction du policier. Elle se leva et détourna son regard de l’homme pour observer la forêt.

— Il y a peut-être d’autres traces de sang dans cette direction… déclara-t-elle. Bien, c’est du bon travail ! Fouillez entre les arbres et trouvez-en moi d’autres, ajouta-t-elle.

— Merci, Lieutenant, j’y vais de… commença le policier en souriant.

— Ce n’est pas à vous que je m’adressais, Briand, le coupa-t-elle en se tournant vers les deux vampires. Continuez comme ça, et je pense que nos enquêtes se porteront bien, leur dit-elle en souriant.

— Pour si peu ? marmonna le policier.

— Ça ne semblait pas vous déranger lorsque vous pensiez qu’il s’agissait de vous, assena-t-elle sèchement. Plutôt que de chercher à vous approprier le travail des autres, faites le vôtre et allez chercher un appareil photo.

— Comment pouvez-vous savoir que ce n’est pas moi qui l’ai trouvée ? demanda Briand, mécontent.

— Vous souhaiteriez me faire croire que vous avez réussi à trouver une si petite goutte de sang, seul ? De plus, ces hommes sont mes nouveaux consultants, il est évident que je garde un œil sur eux. Je les ai vus bien avant que vous ne les rejoigniez. Maintenant, allez chercher cet appareil photo, ordonna-t-elle.

— Mais… insista-t-il.

— Je n’ai pas l’intention de me répéter encore une fois, le coupa-t-elle, le regard sévère.

Il s’éloigna, tête baissée, et Alisa soupira. Connor hésita à se lancer devant l’air agacé de sa supérieure.

— Lieutenant… Vous devez savoir quelque chose, l’informa-t-il.    

La lieutenante se tourna vers lui.

— Qu’est-ce que c’est ? questionna-t-elle.

— Hum… L’odeur de sang est bien trop forte pour une seule victime, dit-il, mal à l’aise.

Alisa fronça les sourcils.

— Vous pensez qu’il y a un autre corps ?

Connor et Zane échangèrent un regard.    

— Plus qu’un autre… répondit Zane.

Connor lorgna derrière l’épaule de la lieutenante, qui suivit son regard. Sans attendre, elle se dirigea à travers les arbres, et les deux hommes lui emboîtèrent le pas. Alors que l’odeur leur semblait de plus en plus forte, ils débouchèrent sur une petite clairière dont la vue leur coupa le souffle. Plus d’une dizaine de corps étaient étalés les uns sur les autres, tous portants sur eux la même trace de l’arme du crime : les canines d’un vampire.

— Je crois que la journée va être longue, murmura Alisa d’une voix catastrophée.

Sortie le 07/05/2022

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