Le pirate et le dauphin

Le pirate et le dauphin

Le pirate et le dauphin est une histoire pour enfant que j’ai écrite à partir d’un questionnaire (Dispo ici) destiné à faire créer un conte à des enfants. Pour mon boulot je voulais l’utiliser du coup je l’ai testé et voilà le résultat :

     Il était une fois, un pirate borgne qui aimait naviguer sur les sept mers. Dans cette histoire, nous ne connaîtrons probablement pas son nom, ni son âge d’ailleurs. Je peux peut-être vous dire sa taille à la rigueur. À vue d’œil, je dirais… Hum. Un mètre… Soixante-quinze. Oui c’est ça, un mètre soixante-quinze !

     Son poids ? Comment ça son poids ? Mais… On ne demande pas le poids des gens comme ça ! Ça ne se fait pas ça, voyons ! Enfin bref, passons sur votre total manque de savoir vivre et continuons notre histoire.

     Nous avons donc un pirate borgne qui… Bien joué, vous m’avez perdu moi ! Qui… Navigue ! Voilà, c’est ça, un pirate qui navigue. Le pauvre ne possède qu’un tout petit bateau, à peine assez grand pour lui. Avec de toutes petites voiles, ne permettant pas d’aller aussi vite qu’il le voudrait. Tandis que les gros bateaux font des voyages en quelques jours, lui, il lui faut parfois des semaines. Alors, pendant ses longues semaines sur les eaux salées des océans, il rêve. Il rêve du plus beau des bateaux. Le plus grand, le plus chic et le plus rapide des navires qui naviguent. Navires qui naviguent… Logique.

     La nuit est tombée sur notre pirate.

     Oui, oui il fait nuit. Non, je n’avais effectivement pas précisé qu’il faisait jour mais…

     Oh ! Qui raconte l’histoire ? Vous ou moi ?

     Bien. Je disais donc, la nuit est tombée et notre pirate s’endort. Et il rêve. Oui… Encore. Il rêve d’une île, une grande île. Puis il voit une grotte donnant sur la mer et dans cette grotte… Un bateau. Le plus grand, le plus beau qu’il n’eut jamais vu. Soudain sous ses paupières closes, les traits finement dessinés d’une carte apparaissent et notre pirate se réveille.

     Il en est sûr ! Ce bateau l’attend quelque part. Alors il attrape un parchemin et dessine la carte qu’il a vu avant de l’oublier. Puis sans attendre il se met en route vers l’île.

     Il hisse les voiles – les toutes petites voiles – et laisse le vent s’y engouffrer. Alors qu’il progresse très lentement, il aperçoit un mouvement dans l’eau. Intrigué, il s’approche. Un dauphin, lui sourit. Enfin… Tous les dauphins donnent l’impression de sourire mais bon…

     Le pirate caresse l’animal et lui donne un poisson, que le dauphin avale voracement. Au loin, un nouveau mouvement fend les flots. S’attendant à voir encore un dauphin, le pirate attrape un autre poisson pour le nourrir aussi… Mais la surprise de ce qu’il voit le fait tomber à la renverse. Un tentacule immense sort de l’eau et s’approche dangereusement de son embarcation.

     — Le Kraken ! hurle le pirate.

     Soudain au-dessus de sa tête s’amoncellent des nuages grisâtres peu rassurants. Le vent souffle de plus en plus fort et le bateau a bien du mal à résister. Des vagues le poussent vers la gigantesque créature et la panique le gagne. Les voiles ne servant plus à rien, il les lève et attrape le gouvernail dans l’espoir d’échapper au monstre. Le bateau n’est pas rapide mais sa petite taille lui permet d’éviter facilement le tentacule qui s’écrase pile à l’endroit où il se trouvait quelques secondes auparavant. À côté de son bateau, il voit le dauphin qui tente d’attirer son attention. L’animal lui indique un endroit sur la gauche qui peut lui permettre d’échapper au Kraken.

     Le pirate suit le dauphin et parvient à échapper à la créature mais les ennuis sont loin d’être fini. La tempête ne se calme pas et le bateau est malmené. Le pirate perd l’équilibre, tombe à l’eau, se cogne la tête et perd connaissance.

      Ah, c’est angoissant, n’est-ce pas ? L’histoire vous tient en haleine, n’est-ce pas ? Je devrais peut-être m’arrêter là.

     Non ? Vous voulez que je continue ? Bon, d’accord !

      Le pirate cligne plusieurs fois de son œil valide. Le soleil l’aveugle quelques secondes et enfin il se lève. Le voilà sur une plage, son bateau détruit à quelques mètres de lui. Alors qu’il s’approche de celui-ci, il entend un bruit de cliquetis derrière lui. Se retournant doucement, il pousse un cri. Des dizaines de squelette terreux le tiennent en joue de leur revolver abîmé. Le pirate, garde son œil fixés sur le canon de l’arme la plus proche puis pousse un hurlement et part en courant.

     La pire des idées si vous voulez mon avis.

     Il court, sans destination. Sûr d’être perdu. Après tout, il est sur une île, peuplée de squelettes, et il n’a plus de bateau. Il n’a aucune échappatoire. C’est alors qu’il entend venant de l’eau le cri caractéristique d’un dauphin. Il tourne la tête et aperçoit l’animal. Sans plus réfléchir, il court dans sa direction, saute dans l’eau et s’accroche de toutes ses forces à sa nageoire. Le dauphin s’éloigne rapidement de la plage et se dirige vers une grotte dissimulée par des rochers sur le côté de l’île. C’est à ce moment, qu’il voit…

      Le pirate, pas le dauphin.

      Un bateau ! Là devant lui, se tient de toute sa hauteur LE bateau dont il a rêvé. Dont il a toujours rêvé. Son ami aquatique le conduit vers le navire et le pirate grimpe dessus avec joie. Il touche à tout. Les voiles, le mât, le gouvernail. Le bateau est tellement grand qu’il lui faut plusieurs minutes pour en faire le tour. Le pirate pressé de l’essayer, hisse les voiles. Rien ne se passe. Bien évidemment, il est dans une grotte. Il n’y a pas de vent dans une grotte. Il attrape le gouvernail et tente de le faire bouger. Le bateau glisse sur les vagues et heurte l’une des parois. Il réessaye, il heurte l’autre.

     Le voilà désemparé. Lui qui rêvait de ce bateau… Mais il est bien trop grand pour lui tout seul. Il soupire et en descend. Attrapant la nageoire du dauphin il se laisse porter par l’animal qui le raccompagne chez lui.

     Après quelques jours de traversée, le pirate est arrivé. Il décide d’acheter un nouveau bateau. Un peu plus grand que l’ancien mais plus petit que celui dont il avait autrefois rêvé. Enfin, il reprend la mer, suivi de très près par son ami et sauveur : le dauphin.

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